Le Financial Times donne la priorité à sa version numérique

Une petite révolution vient d’avoir lieu dans le monde de la presse papier traditionnelle : le “Financial Times”, quotidien économique de référence en Europe et reconnaissable entre mille grâce à ses pages couleur saumon donne maintenant la priorité à sa version numérique.

Les anglo-saxons ont déjà donné un nom à ce phénomène : le Web First. En effet, les contenus produits seront dorénavant destinés en priorité aux versions digitales qui représentent à ce jour plus de 80 % des lecteurs. Pour preuve, l’application mobile du journal compte 2,7 millions d’abonnés, le site 300 000, contre 600 000 lecteurs quotidiens pour la version papier. Cette dernière sera donc reléguée en bout de chaîne et reprendra le meilleur de ses petites soeurs web. Il s’agit ainsi, en toute logique, “d’adapter la demande aux lecteurs”, mais surtout et essentiellement, de “survivre”, dixit Lionel Barber, le patron du Financial Times.

La rédaction du journal britannique sera d’ailleurs largement remaniée dans l’optique de cette orientation “stratégique”. Trente-cinq postes seront supprimés, pour seulement 10 embauches. Un premier dommage collatéral s’est d’ores et déjà fait sentir puisque la version allemande du Financial Times a disparu de la circulation début décembre.

Cette nouvelle étape dans la révolution numérique met en évidence s’il était besoin la morosité de l’économie de la presse. Elle pourrait d’ailleurs marquer la fin d’une époque, celle de la presse papier telle que nous la connaiss(i)ons. En effet, si cette orientation fait jurisprudence et si les difficultés de la Presse Quotidienne Nationale se maintiennent, voire s’accentuent, l’épidémie pourrait prendre de l’ampleur et toucher d’autres titres tout aussi emblématiques que le “Financial”.

Crédits visuels : journalism.co.uk

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